Question à KANGNI ALEM
Est-ce qu’on peut dire que sous le couvert d’un travail littéraire vous avez, entre autres, cherché à réhabilité l’image du roi Adandozan ?

ADANDOZAN (1797-1818)
Son nom, son règne et ses symboles ont été effacés de la tradition historique d'Abomey. On lui reproche d'avoir usurpé le pouvoir à son frère, futur Guézo. En réalité, nombre de ses actes semblent avoir été attribués à Guézo. Il a été détroné grâce à l'appui de Francisco de Souza, commercant d'esclaves et ami de Guézo.
On lui reproche d'avoir usurpé le pouvoir à son frère, futur Guézo. En réalité, nombre de ses actes semblent avoir été attribués à Guézo. Il a été renversé pour s'être opposé à la traite négrière par Francisco de Souza, commerçant d'esclaves et ami de Guézo.
Il s'agirait en réalité, au contraire, un modèle à suivre. Dès 1804 il réduisit le luxe des
cérémonies, s’affranchit du tribut d’Oyo en pays Yoruba qui consistait à
fournir annuellement 40 jeunes gens, 40 jeunes filles, 40 fusils, 40
barils de poudre au roi d’Oyo, encouragea l’agriculture et inaugura “la
fête du maïs” en octobre 1808. Il était ce roi moderne progressiste qui
voulait garder ses bras valides en tournant le dos au commerce du ‘bois
d’ébène”, Il demanda au Portugal des techniciens pour exploiter l’or et
fabriquer des armes sur place.
En effet, comme nous le rappelle Camille Amouro, "[...] pour certains mouvements panafricanistes, Adandozan représente tout un symbole de modernité difficile à cacher d’ailleurs par ses propres détracteurs. Il fut le premier souverain dans le monde entier à abolir, par le refus de vendre, la traite négrière ; ce qui constituait, en 1800, sinon une folie au vu des intérêts en jeu, du moins une vaillance sur laquelle ces mouvements pensent tout aussi innocemment qu’il faut prendre exemple. Bien entendu, cette version de l’histoire n’est pas celle qui transparaît dans le récit et le film que je viens d’évoquer ni dans l’histoire qu’on enseigne. La conspiration contre Adandozan et sa déchéance qui introduisirent la notion de coup d’État dans une nation du golfe du Bénin précolonial avait pour unique motif, non de libérer le peuple aboméen de la cruauté d’un roi, mais de remettre en danger permanent tous les peuples de la région précédemment soumis aux razzias des chefs aboméens qui s’illustrèrent comme les plus grands chasseurs d’esclaves de toute l’Afrique de l’Ouest".
Source : http://www.lemague.net/dyn/article.php3?id_article=230
Enfin, considérant que Legba est le seul
Dieu du Danxomè, il renvoya tous les prêtres catholiques.
En contrariant le commerce esclavagiste de son époque la mémoire de ce roi se trouva noircie pour l’histoire.
Voir : "Adandozan fut-il un roi barbare et cruel ? ", article de presse du journal béninois LE FORUM de la semaine n° 150 du 17 eu 23 mars 1993, par Claude Dagba.